Week-end de survie dans les Alpes avec Vie Sauvage

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Salut petite Libellule 🙂

J’aimerais aujourd’hui te raconter une aventure fabuleuse que j’ai eu la chance de vivre il y a environ 2 semaines.

Je me suis inscrite à un stage de survie dans les Alpes, avec Vie Sauvage d’une durée d’un peu plus de deux jours et deux nuits (du vendredi midi au dimanche 15h). Vu tout ce que j’ai à raconter, je vais essayer de faire au plus bref sinon ça va être un roman !

Qu’est-ce que c’est un week end de survie?

En fait le terme le plus adéquat n’est pas survie mais « Vie Sauvage » car le mot survie fait tout de suite imaginer un environnement hostile, avec des serpents mortels sous chaque pierre, des araignées venimeuses, des bêtes féroces, et une peur constante de mourir d’on ne sait quoi. Ce week-end était, plutôt qu’une initiation à la survie, une immersion à la vie sauvage, comme ont pu connaître beaucoup de nos ancêtres. Comment vivre dans la forêt en harmonie avec la nature.

Ce que j’ai appris

  • Faire du feu de manière ancestrale
Il faut bien souffler sur la braise obtenue pour espérer voir une flamme!
  • fabriquer des récipients avec les matériaux qui nous entourent

  • reconnaître et cueillir beaucoup de plantes sauvages comestibles
  • apprendre à les cuisiner de manière savoureuse et simple

C’est l’une des choses que j’ai préféré! Qui dit vie sauvage ne dit pas vie sans gastronomie. On a préparé de bons petits plats, certains (en fait la quasi totalité) étaient de vrais délices !

Préparation des chaussons fourrés au lentilles et aux épinards sauvages (bon henri), nettoyage des chanterelles fraîchement cueillies, et de l’ail sauvage.
Miaaaaammm la poêlée aux chanterelles et à l’ail sauvage, une tuerie ! A droite on peut voir les chaussons fourrées presque cuits.
Planche à découper sauvage
Cuisson des pancakes d’orties
Les pancakes d’orties. Un vrai délice qui te préserve de la faim pendant des heures. Un concentré d’énergie, de minéraux et de protéines!
Les frites de racines de raiponce. C’était tellement succulent que je me demande encore si je n’ai pas rêvé…. Ca fond dans la bouche, c’est sucré un peu comme la patate douce, c’est gouteux et rassasiant. Une tuerie! Ca valait la peine de creuser un peu pour dénicher les racines 🙂
Et le meilleur pour la fin: le clafouti à la rhubarbe sauvage. Fait avec un mélange de farine de châtaignes et de farine de petit épeautre torréfiée doucement sur le feu.

 Bon je vais m’arrêter là pour les photos de nourriture mais il y en a encore plein d’autres! Hein que ça fait rêver ?? 🙂

  • J’ai eu l’occasion d’oublier la notion de temps, et me rendre compte qu’une journée d’été, c’est très très long

En effet, on était sensé ne pas porter de montre (pas obligatoire bien sûr). C’était vraiment drôle de constater comme on perd toute notion du temps ou de l’heure. Plus important encore, comme le but unique de la journée était de trouver de quoi se nourrir, d’apprendre ce qui pouvait être utile, et de discuter au coin du feu, et bien je peux vous assurer que la nuit tardait beaucoup à tomber! Bon il faut dire que c’est l’été et le soleil se couche vers 21h30-22h, mais n’empêche qu’on était fatigués d’une bonne fatigue. Certains disaient s’adressaient au ciel en plaisantant « c’est possible d’éteindre la lumière? » smilies rire013

  • Tresser des cordes solides à partir de fibres végétales

On a appris à faire des cordes naturelles  !!! La technique de la double torsion les rend très résistante ! D’ailleurs avec de la fibre d’ortie on peut même fabriquer des cordes d’arcs, c’est fou non?!

  • Manger des sauterelles

Je n’aurais jamais cru en être capable, et encore moins aimer ça. Mais le fait est que c’est très bon une fois cuit. D’ailleurs j’en ai mangé 4 ou 5 ! Même les végétariens du groupes ont goûté.

Notre repas qui veut s’échapper !
  • Faire ses besoins dans les bois sans gêner ni polluer

Je croyais que le mieux était d’enterrer ses déjections mais en fait pas du tout: les bactéries qui décomposent les excréments sont en surface donc si on les enterre, ils vont pourrir lentement en profondeur, alors qu’en surface, ils vont très rapidement se décomposer et devenir une source d’azote et donc un engrais (si si !) pour les plantes environnantes. Dire qu’en ville on préfère l’évacuer dans de l’eau potable 🙁 … Évidemment pour éviter aux autres de marcher dedans, il faut veiller à recouvrir d’écorces et de branches mortes. On étaient 15 personnes et je n’ai pas croisé une seule « trace » durant le séjour donc non ça n’a rien de dégoûtant 😉

Évidemment il nous a été demandé de ne surtout pas utiliser de mouchoir ou papier toilette (plein de chlore et autres substances polluante, sans parler du fait que c’est moche dans la nature) : l’eau bien fraîche du ruisseau dans une bouteille est amplement suffisante, et si on en a vraiment besoin, il suffit d’utiliser de la mousse un tout petit peu humide. Et non, pour ceux qui se posent la question, l’odeur ne reste absolument pas sur les mains si l’eau est froide.

Enfin pour ne pas polluer le ruisseau, il faut veiller à toujours être à minimum 3 mètres du cours d’eau lorsqu’on fait ses besoins ou qu’on se lave.

Sinon j’ai aussi appris à utiliser le pissedebout, un objet FANTASTIQUE pour nous les filles, plus besoin de se retourner 15 fois pour vérifier qu’on est à l’abri des regards, ni d’être parano des bestioles (dites je suis pas la seule hein??)  ! C’est top top top !

  • Abondance de la nourriture dans la forêt

Il n’y a pas de mots pour décrire à quel point la nourriture est abondante pour celui qui sait regarder. En plus c’est tellement délicieux…

  • La vraie vie en communauté. Tout le monde est utile.
Fabrication des Gnocchis à l’ancienne: chacun façonne des boulettes et les jette dans l’eau bouillante.

Mes prises de conscience

sur le temps

-Comme dit plus haut, j’ai réalisé que lorsqu’on n’a pas facebook, smartphone, ordinateur, TV, et mille et un autre objets pseudo-utiles, une journée est incroyablement longue. Et pourtant je ne crois pas que quelqu’un se soit ennuyé une seule seconde dans le groupe.

sur le stress

-Une vie sans stress est possible, loin de tous nos problèmes d’occidentaux trop gâtés. Quand on cherche juste à satisfaire nos besoins vitaux, y’a beaucoup de choses qui paraissent non seulement superflues, mais carrément absurdes en revenant de ce mini-périple. Du coup cela m’a permis de tendre encore un peu plus vers le minimalisme, moins je possède mieux je me sens, c’est chouette.

sur l’hygiène

-Je pensais ne pas être une fanatique de l’hygiène, loin de là. Et pourtant je me suis rendue compte de l’absurdité de mon comportement de citadine occidentale. Les règles d’hygiène, selon moi, c’est ce qui permet de ne pas tomber malade. C’est donc assez variable d’une personne à l’autre. Pendant ce séjour, je me suis lavée les mains une seule fois au savon. tout le reste juste à l’eau froide. Et c’est pareil pour tout le groupe. Je vois d’ici vos tête écoeurée: « beuuuuurk, tu mangeais la cuisine préparée par des gens qui se lavent les mains sans savon????!!! ». Je pense que si je n’avais pas vécu ce week end, j’aurais trouvé cela immonde rien que d’y penser. Et au final, même en ayant grelotté 2 nuits de suite (mon sac de couchage n’était pas du tout adapté à la température) et eu les chaussettes trempées pendant 1 jour et demi, sans parler de la faim car on mangeait très peu (voir très très peu selon mon référentiel ^^), et bien malgré ces circonstances, pas l’ombre d’un rhume ! Comme quoi, quand on se nourrit sainement, et qu’on n’a pas de soucis de santé particulier, il est absurde de se laver les mains au savon 20 fois par jour comme je l’ai toujours fait avant. On oublie de faire travailler notre système immunitaire. La vaisselle aussi! Depuis petite, je suis une supra-maniaque de la vaisselle propre. J’ai l’impression que je vais choper le choléra chaque fois que je bois dans un verre utilisé depuis quelques heures. Or cette fois, je n’avais pas pris de tasse en alu ni de gamelle donc j’ai dû emprunter la tasse d’une âme charitable à chaque fois… Tasse qui n’était bien sûr loin d’être propre, et déjà utilisée par quelqu’un d’autre de surcroît! Sans parler des récipients que j’utilisais: des feuilles de percasite (une jolie feuille qui fait figure d’assiette) ou des morceaux de bois pas propres du tout. Bizarrement je m’en fichais, et j’ai bien fait vu que ça ne m’a rien fait de mal. Au contraire, j’ai pris conscience que je peux y aller bien plus mollo sur l’hygiène vaissellienne (si si ça existe ^^).

sur mes réels besoins en eau

On a été nombreux à remarquer pendant le séjour qu’on avait jamais soif. Moi qui bois facilement 2 à 2.5 litres par jour, là, je devais me forcer à boire une ou deux tisanes par jour. L’un des formateurs (Marc Dechêne, qui est vraiment un puits de science en nutrition) nous a expliqué que la digestion des toxines nécessite de l’eau. Or comme on ne mangeait quasiment que des plantes fraîchement cueillies et en montagne donc loin de toute pollution, notre corps avait bien moins besoin d’eau vu qu’il y a très peu de toxines. C’est passionnant je trouve, et on apprend à mieux se connaître.

sur mes besoins en nourriture

Vu que je fais le Ramadan chaque année, je me suis déjà rendue compte qu’on mange beaucoup beaucoup plus que ce dont on a réellement besoin pour fonctionner parfaitement. Deux repas par jour c’est amplement suffisant, mais je vous accorde que la sensation de faim c’est pas agréable. Pourtant on s’y habitue bien plus vite que ce qu l’on pourrait croire. De plus, alors que je mangeais vraiment peu durant ce séjour (encore bien moins que lors d’une journée de Ramadan), et pourtant ma digestion était ABSOLUMENT parfaite. En fait elle a rarement été aussi parfaite que durant ce séjour. Vive les plantes! L’expérience de la sensation de faim, l’expérience du « juste ce qu’il me faut pour vivre », et celle de la digestion optimale, tout cela en moins de 3 jours, qui dit mieux?

sur le pouvoir rassasiant des plantes

J’ai été déjà très surprise du pouvoir rassasiant de certaines plantes délicieuses comme l’ortie. Mhhh les pancakes d’orties, ça reste l’un de mes meilleurs souvenirs! pendant 6h on a grimpé (ça monte dans les Alpes), cueilli, creusé, chassé des sauterelles, etc… Et bien parole de ventre sur pattes, les pancakes d’orties, j’ai jamais rien mangé qui tienne aussi bien dans l’estomac!

sur le goût étonnant des plantes

L’oxalis, cette plante au goût délicieusement citronné, mais toxique à haute dose!

Les feuilles de plantain ont un goût délicieux en pesto, tandis que la fleur fanée a un fort goût de champignon de Paris (incroyable non?). L’oxalis un goût citronné très rafraîchissant, tandis que la feuille d’oseille remplace le vinaigre dans la salade de façon absolument parfaite. Moi qui croyais que tout aurait un goût d’épinard ou de batavia non assaisonnée, j’ai été impressionnée par la palette de saveur disponible aussi simplement.

sur la cuisine plaisir et pas la cuisine Survie.

J’ai adoré le fait d’apprendre à préparer de bon petits plats et ne pas se contenter du strict minimum comme ce serait le cas en mode survie. La nuance entre Survie et Vie Sauvage prend ici tout son sens.

Ce que j’ai préféré

  • La sensation d’être capable de vivre sans supermarché en cas de nécessité.
  • La chaleur et le bien être le soir au coin du feu.
  • La poêlée de chanterelles à l’ail sauvage! ou plutôt le clafoutis à la rhubarbe… non en fait les frites de racines de raiponces!
  • L’esprit du groupe, zéro prise de tête. Je suis vraiment bien tombée!

Ce que je n’ai pas aimé

  • sur le moment, surtout le 2ème jour, je n’aimais pas avoir faim. Sans blagues...
  • les ronfleurs la 1ère nuit (ramener des boules Quies est INDISPENSABLE pour les douillets des oreilles comme moi).
  • le froid car mon sac de couchage n’était pas adapté.
  • encore le froid car mes chaussures n’étaient pas étanches et j’ai souffert d’avoir les pieds humides/congelés pendant une bonne partie du séjour.

Bilan et informations

J’ai absolument adoré ce week-end d’immersion à la vie sauvage. Je ne dirais pas que je suis une autre personne depuis car je suis retournée à la plupart des mes vilaines habitudes… MAIS y’a du mieux ! De plus le cadre était fantastique (les Alpes) et malgré ma météo très mitigée (pluie, temps grisâtre et très changeant, quelques éclaircies) le moral était là. Je le conseille à tous les citadins déconnectés de la vraie valeur de la vie (genre ceux qui pestent quand le train ou le métro est en retard de 4 minutes…), mais aussi à tous les amoureux de la nature. Par contre, vu que ce n’est pas un stage « survie », la quasi totalité du temps est consacré à trouver de la nourriture (donc à reconnaître les plantes sauvages). Alors pour ceux qui veulent de l’aventure ou de l’action ce n’est peut-être pas l’idéal. Pour tous les autres, foncez 😉

Je recommande très vivement Pâris et Marc (les formateurs que j’ai eu la chance d’avoir), d’ailleurs, quasiment tous les participants de ce stage avait déjà fait au moins un stage avec eux, et ils en redemandaient 😉 en général c’est bon signe :p . Je les remercie grandement pour tout ce qu’ils m’ont appris dans la bonne humeur, et dans un esprit de non-prise-de-tête absolument réjouissant.

Pour le prix, il se calcule en fonction de votre salaire, loyer, et assurance maladie. Je trouve cela admirable de la part des organisateurs de rendre cela accessibles aux bourses modestes, surtout en Suisse, car il faut bien dire que les prix de ce genre de stage sont souvent exorbitants.

Voilà leur site internet si ça vous intéresse : http://www.vie-sauvage.ch

Alors, prêt pour l’aventure ? Tu serais prêt(e) à te lancer ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

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